jeudi 24 juin 2021

Fernand Pouillon, de Marseille à Alger




 "L’exposition est le fruit de recherches menées pendant cinq ans par Leo Fabrizio sur l’œuvre architecturale bâtie la plus conséquente du XXe siècle, celle de l’architecte français Fernand Pouillon. 

Le destin tumultueux de cet homme, son refus de s’inscrire dans le courant de l’architecture Moderne, sa position engagée durant la Reconstruction pour des habitats à loyer modérés dignes, qualitatifs et proches des centres villes, son intérêt pour les populations oubliées par le régime colonial en Algérie, tout comme son désintérêt pour ses propres archives, participent de la non diffusion de son travail.

Fernand Pouillon de Marseille à Alger donne à voir une sélection des 700 photographies réalisées à la chambre grand format par Leo Fabrizio. Une collection d’images à la hauteur de l’ampleur d’une oeuvre architecturale qui compte plus de 1000 projets – certains sont encore non-identifiés à ce jour – et dont plus de 720 ont été réalisé en France, en Iran, en Algérie et en Afrique de l’Ouest"

Exposition du Centre Photographique Marseille 

mercredi 24 mars 2021

Atak - Fotokino "Still life, a collector's world"

Une nouvelle exposition solaire chez Fotokino proposant l'univers de l'artiste Georg Barber, né en ex-RDA et qui depuis les années 80, période punk où il couvrait les murs de Berlin est de graffitis, utilise le pseudonyme Atak.

Avec la série Still Life, cette grande figure de la bande dessinée et professeur d'illustration, utilise les codes de la nature morte pour accueillir les innombrables objets de sa collection personnelle. Une succession de vases fleuris aux couleurs vibrantes posés dans des autels graphiques dédiés à ses héros : Tintin, Caspar David Friedrich, Cheburashka, Dick Tracy, Audubon... Un musée personnel évocateur et parsemé de références et de clins d'oeil. 




















Atak - Fotokino

dimanche 14 février 2021

La Reconstruction - Galerie du Canon

Quelques photos de l'exposition " Toulon c'est canon! " parcourue quelques jours avant le deuxième confinement.  

Une exploration du patrimoine d'après-guerre proposée par la Villa Noailles et structurée autour de cinq bâtiments emblématiques de l’époque de la reconstruction. La Caisse d’Épargne (1969) d’Alfred Henry, Jacques Chapon, Jean Beauregard et Émile David, écrin moderniste où ont travaillé les grands noms des arts décoratifs. Les immeubles de la Frontale du port (1950-1954) de Jean de Mailly et Serge Mikélian, illustrant une conception nouvelle de l’habitat et de l’urbanisme à la fin de la guerre, représentée par l'interprétation d'un appartement et de son ameublement par Charlotte Perriand. La reconstruction du port, bombardé au cours de la Deuxième Guerre mondiale, indissociable du nouvel hôtel de ville (Jean de Mailly, 1962-1967). Puis la si graphique piscine du Port Marchand (Alfred Henry et Jean-Gérard Mattio) et la chapelle de la Transfiguration (1967-1968), construite en béton à partir du Modulor de Le Corbusier. 

Réunis à la Galerie du Canon : des documents d'archives, des photos d'époque et trois œuvres majeures réalisées pour le siège de la Caisse d’Épargne de Toulon à la fin des années 60  ("Toulon de l’Antiquité à nos jours" grande tapisserie d’Henri Pertus / Tapisserie  "Les saisons" de Gilbert Louage / Panneau décoratif en céramique de Jean-Gérard Mattio et Christiane Carielle). La collection est complétée par des photos d'Olivier Amsellem, Camille Vivier et Joël Tettamanti apportant un regard contemporain sur cet héritage architectural et décoratif.











Crédit photos : Slavia Kolektiv

mercredi 14 octobre 2020

Jan Tarasin -

"L’horizon: terme le plus proche à nous qui nous accompagne sans cesse dès le moment de notre naissance. Nous sommes si étroitement liés à lui que nous ne notons pas sa présence constante dans notre imagination, dans nos réactions, dans nombreux couches de notre conscience. Il existe seulement comme le sentiment d’une certaine distance nous attribuée afin de voir le monde. Une ligne conventionnelle de l’horizon marque les limites de cette vision. Nous sentons son existence quand nous nous trouvons dans l’intérieur de la maison, sur la rue de la ville, dans le forêt ou dans la vallée. Nous nous trouvons dans le centre d’un cercle sans issue, sur lequel nous dominons, mais qui nous emprisonne. 

Les principes de la perspective nous constamment rassure dans notre confiance que nous sommes dans le centre du monde. Ils suggèrent que le monde entier qui nous entoure devient plus petit, perd son importance ou même disparaît quand il s’éloigne de nous. Nous pouvons rattraper ce monde, le retrouver, lui attribuer son sens primaire, ses dimensions, ses couleurs. Cependant, cela nécessite notre présence très proche, notre regard, notre coexistence. Mémorisons donc sa vision, créons ses représentations pour avoir son substitut après notre éloignement. "

Le peintre polonais Jan Tarasin (1926-2009) a souligné à plusieurs reprises que la nature est un dépositaire de formes pour un artiste et une collection de  nombre infinis. 

Il a traîté la peinture comme un moyen d'apprendre les régles régissant tous les êtres et choses : les signes et symboles constamment redessinés sont une tentative de capturer la variabilité de la nature, le hasard et la frontière entre le chaos et l'ordre. Sa vision a inspiré le travail de Pani Jurek et sa collection de pièces uniques aux formes calligraphiques TRN. A découvrir sur SLAVIA









Jan Tarasin paintings

samedi 4 juillet 2020

Les Cabanettes

Heureux de retrouver le long de la nationale 572, le joyau 60's, l'hôtel Les Cabanettes et l'énergie de ses nouveaux propriétaires Gaëlle et Aaron.













Photos : Hotel les Cabanettes  / Graphisme Pablito Zago 

dimanche 10 mai 2020

Georgia - before lockdown


En un temps reculé, il nous arrivait vers la fin de l'hiver, d'embarquer à bord d'un avion vers une destination nouvelle, sur la foi d'une rencontre au hasard, d'un film ou d'une lecture. Ou bien simplement parce que nous gardions le souvenir ému d'un kapachuri brûlant mangé avec les doigts dans un entresol à Kiev. C'est ainsi qu'à la mi-février, je survolais les Balkans enneigés sous le soleil, doublant Sarajevo enserrée entre ses collines mortifères, traçant l'ombre d'un condor sur les montagnes bulgares avant de prendre l'orbite d'un satellite au-dessus de la Mer jamais aussi noire que dans cette nuit sans lune.

Ayant atterri au pied du Caucase, je fendais la neige qui tombait à gros flocons sur un taxi certainement expédié par des cousins de la côte Est des Etats-Unis, me conduisant à Kutaissi. Aujourd'hui une ville endormie de Georgie, jadis la capitale de la province mythique de Colchide, celle où Jason et les Argonautes vinrent faucher la Toison d'Or. Là, dans le bazar digne de Samarkande où les grenades entrouvertes hésitaient entre le gel et le soleil entre deux grappes de paprika, je faisais mes gammes caucasiennes, déchiffrant les caractères d'une langue emprunte de mystère, révisant mes classiques culinaires aux saveurs de coriandre et dérouillant mon russe dans les matrushkas bondées. Entre deux icônes et Ladas rouillées, la Georgie révélait son goût pour les belles choses et des sommets une eau turquoise courrait vers la mer entre les citronniers coiffés de neige, nous promettant un printemps chaud et un été alangui.

C'était il y a trois mois, presque jour pour jour, une éternité.


























Crédit photos //
 Guram Kapanadze (Design, mobilier et architecture d'intérieur 

 studio rooms /rooms hotels)
Laura Forest (Kutaissi)



mercredi 26 février 2020

Les non-conformistes - histoire d'une collection russe

« Ma collection (…) permet de réunir les principales étapes du développement de l’art non-officiel et le récit général d’une histoire de l’art des mouvements d’opposition. J’ai également essayé de démontrer que l’art contemporain russe appartient à une culture contemporaine mondiale ».


« Le choix des œuvres au sein de ces différentes générations d’artistes a été guidé par la problématique caractéristique de la fin des années 1970, à savoir la place centrale accordée aux nouvelles formes et productions dans l’art : objets, installations, travail in situ et performances. Ces œuvres ont constitué la base de la collection (...) [Une] attention particulière [était] accordée aux œuvres éphémères et peu visibles, réalisées à partir de matériaux fragiles, de moyens improvisés, presque par accident et dans une immédiateté, sans calcul d’un quelconque potentiel commercial ou patrimonial ».
« Je n’ai acheté aucune de ces cinq mille œuvres avec mon propre argent. Le ministère de la Culture en a acquis une partie insignifiante (environ cinquante) avec des fonds d’État. Les autres sont des dons. On pourrait alors dire que cette collection est le résultat d’une propriété collective des artistes, qui ont choisi de l’offrir à un musée qui n’existait pas ».
Andreï Erofeev