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samedi 26 novembre 2016

Bauhaus - Dessau - laboratoire d'expérimentation

Dormir dans la résidence d'étudiants à Dessau, une expérience hors du commun que je n'oublierai pas de si tôt...

Lorsque le Bauhaus débarque à Dessau, il a 6 ans. 

Six petites années qui ont suffi à ce mouvement protéiforme pour jeter les bases d’une nouvelle avant-garde picturale et plastique, révolutionner la scénographie, inventer l’art de la performance et fonder une approche intégrée de l’architecture et des artefacts usuels qui la peuple (meubles, lampes, tapisseries, céramiques…), abolissant les frontières entre l’art et l’artisanat.  










A Weimar, capitale de la jeune République allemande mais surtout classique ville provinciale où planent les mânes de Goethe, le caractère international et la pédagogie novatrice du Bauhaus dirigé par Walter Gropius, détonnent. Lorsqu’en 1924, la municipalité vire à droite et que l’école voit son avenir hypothéqué, le choix des « maîtres » se porte logiquement sur Dessau, ville industrielle avant-gardiste en plein développement.

Le Bauhaus de Dessau, c’est donc celui de la maturité. 

Là, l’école entreprend de se doter d’un complexe de bâtiments à l’image des principes qu’elle défend : fonctionnalité, simplicité, interdisciplinarité. En à peine deux ans, le nouveau Bauhaus est sorti de terre et accueille des ateliers où les maîtres venus de Weimar et de nouveaux pensionnaires poursuivent l’expérimentation tous azimuts. 







A deux pas, les maisons édifiées pour les principaux maîtres (Gropius, Klee, Kandinsky, Moholy-Nagy) sont autant de manifestes, en même temps que des lieux de création.  Le cadre d'une créativité débordante, festive (à travers des performances aux confins du théâtre) et fonctionnelle : adossé à une société anonyme chargée de commercialiser ses créations, le Bauhaus justifie son nom en édifiant un quartier d’habitation dans les faubourgs de Dessau.








En 1931, la peste brune atteint Dessau. Le Bauhaus doit de nouveau déménager et ses jours sont comptés. Mais depuis Dessau, son rayonnement a déjà fait son œuvre. Des quartiers Bauhaus ont surgit de terre à Tel Aviv, la Charte d’Athènes présentée en 1933 par Le Corbusier et en partie inspirée par les principes du Bauhaus diffuse ceux du modernisme, Mies Van der Rohe popularise le style « international » et le mobilier a pour toujours cessé d’être décoratif pour former un tout avec l’architecture. 



Crédit photos //  SLAVIA VINTAGE

mercredi 8 avril 2015

De Unie - Rotterdam : le style De Stijl


Lorsqu'au printemps, une fois n'est pas coutume, le vent me porte vers l'Ouest, c'est souvent du côté des Polders. Négligée par les visiteurs au profit d'Amsterdam, Rotterdam a depuis longtemps appris à ne plus s'en formaliser. Pourtant, le plus grand port d'Europe - et pour quelques années encore le deuxième au monde - occupe une place autrement plus significative dans l'histoire des XXe et XXIe siècle. 

Outre sa puissance commerciale incomparable, c'est sa capacité à réinventer l'architecture, rendue nécessaire par les aléas de son histoire récente, qui a imprimé sa marque dans le paysage. J'ai déjà évoqué ici le souvenir de son destin transatlantique, à travers l'Hôtel New York, vestige des années 1900 isolé au bout d'un quai. 

Une escapade hollandaise me donne l'occasion de m'arrêter à nouveau devant la façade du Café de Unie. 




Son histoire, étrangement assez méconnue au regard de l'attention portée au mouvement De Stijl (Le Style) initié par le Mondrian et van Doesburg, illustre bien ce qui fait pour moi tout l'intérêt de Rotterdam.

Le Café de Unie a été édifié sur des plans de Jacobus Johannes Pieter Oud (plus connu sous ses initiales JJP Oud) en 1925, alors que le groupe De Stijl est déjà en proie à des dissensions liées en particulier au rôle d'inspirateur de Mondrian. Récemment nommé architecte en chef de la municipalité, Oud a néanmoins les coudées franches pour signer le deuxième manifeste architectural du mouvement, après la Schröderhuis de Gerrit Rietweld à Utrecht, sortie de terre un an auparavent.




Situé sur la grande avenue de Coolsingel, conduisant à l'Hôtel de Ville, la façade toute en couleurs primaires et lignes géométriques tranche avec les pompeux bâtiments civils alors situés de part et d'autre. A peine quelques mois après son inauguration controversée, le Café de Unie est reconverti en galerie. 

Durant toute l'Entre-Deux-Guerres, nombreux sont ceux qui réclament rien moins que sa destruction. Leur voeu est exhaucé en mai 1940, lorsque la façade est emportée par une bombe allemande, comme près des deux-tiers de la ville…




Un destin tourmenté, à l'image de Rotterdam. Depuis, une réplique de celui-ci a été édifiée en 1986, lorsqu'au terme de près de deux décennies de "casse" architecturale, Rotterdam consent à nouveau à se tourner vers son passé. Edifié à 500m du site originel, ce fac-similé peine à trouver sa fonction. Oscillant aujourd'hui entre galerie et café éphémère et la patine aidant, il a fini par ressembler à s'y méprendre au modèle original!





Si vous aimez De Unie-Rotterdam, vous aimerez peut-être
 le Jeu de cubes de Mallet-Stevens, La villa Tugendhat ou La Villa Noailles


Crédit photos // SLAVIA VINTAGE


lundi 19 août 2013

Café Era : fonctionnalisme à Brno


Cet été, sur les hauteurs de Brno et à deux pas de la Villa Tugendhat, j'ai aimé découvrir les autres villas fonctionnalistes essaimées dans le quartier. Et le lieu idéal après des heures de déambulation pour faire une halte et sentir ce qu'on appelle là-bas "l'esprit Première République" est sans aucun doute le café Era! 
Superbe avec ses lignes épurées dessinées en 1927 par l'architecte Josef Kranz (très influencé par le mouvement De Stijl hollandais et la façade de De Unie à Rotterdam): couleurs primaires rappelant Mondrian, formes rectangulaires, jeu de volumes et la fail m'est apparu aussi comme un véritable îlot de fraîcheur avec son escalier bleu ciel, ses grandes baies vitrées et sa façade immaculée.

Tout un jeu de contrastes de couleurs et de formes : un plan fait d'angles droits où le mouvement repose sur les ondulations des chaises et porte-manteaux de style Thonet  et l'escalier central en forme de spirale,  dont il est tellement difficile de détacher ses yeux! 











Ce café a ré-ouvert en 2011 après plusieurs années de restauration visant à lui faire retrouver sa splendeur passée (il ne restait plus que l'escalier en colimaçon et la structure) et faire oublier le long déclin entamé après la Guerre, lors de la nationalisation réalisée par les communistes (il était devenu une brasserie gérée par les restaurants et cantines de Brno 2...).

Restauré avec soin, le café ERA est redevenu un lieu de rencontres où se croisent habitants du quartier, touristes passionnés d'architecture et étudiants de l'université voisine qui viennent y prendre un café et travailler sur les grandes et spacieuses tables posées au RDC. 


Un QG au service attentionné et faisant honneur à cette tradition pâtissière des grands cafés d' Europe Centrale! 



















Si vous aimez Café Era, vous aimerez peut-être 
Crédit photos // SLAVIA VINTAGE