vendredi 1 novembre 2013

Velvet revolution vs.Velvet Underground (Havel, Reed & band)



Dans la biographie un rien sombre de Lou Reed, disparu cette semaine à 71 ans, son admiration sans borne pour l'ancien Président tchèque Vaclav Havel, décédé en 2012, ne laisse pas de surprendre.


Peu amène avec ses contemporains - en particulier les journalistes, un peu trop enclins à lui tailler le costard un peu étroit de diva misanthrope, et guère porté sur le compromis artistique comme en atteste une oeuvre d'autant plus mythique qu'elle n'a jamais trouvé son public, le fondateur du Velvet Underground, le premier groupe punk de l'histoire, n'avait pas une âme de midinette.

Et pourtant, à l'instar des Rollingstones - Mick Jagger et Keith Richards au premier chef, et de Frank Zappa, il nourrissait une amitié indéfectible pour Vaclav Havel, dont témoignent ces lignes écrites lors de la disparition de ce dernier:

"I am beyond saddened at the loss of my dear friend and inspirational leader Pres. Havel. A man's man. A leader, thinker speaker writer and so brave. And funny and great. this is a terrible loss for this world and certainly for me personally. I will try to remember every last word and mental picture of this great great man who was necessary more than ever in a world gone mad. I would so much have loved to bring him up to date on Occupy. I admired him before all others. A true hero in a world bereft".



Qu'est-ce qui pouvait bien attirer Lou Reed et d'autres icônes du rock mondial dans le parcours de Vaclav Havel, ce fils de riches bourgeois (à la tête d'un empire du cinéma et du divertissement dans le Prague de l'Entre-Deux-Guerres) privé d'études par les communistes et n'ayant trouvé son salut dans le théâtre que par l'exercice de boulots de régisseur, avant de voir ses pièces anticonformistes jouées à la faveur du Printemps de Prague?

Précisément, lorsqu'en 1968, le rideau de fer s’entrouvre fugacement en Tchécoslovaquie, Vaclav Havel en profite pour gagner New York, où l'on joue l'une de ses œuvres à l'Université de Columbia. On raconte que c'est alors qu'un ami lui met entre les mains le premier album culte d'un nouveau groupe baptisé le Velvet Underground, et dont la jaquette s'orne d'une banane phallique signée Andy Wharhol (lui-même originaire de Slovaquie).




De retour au pays, Vaclav Havel voit la parenthèse s'achever par l'invasion soviétique. Au cours des deux décennies suivantes, reclus dans un exil intérieur, celui-ci fait de sa maison de campagne en Bohême l'un des atolls de l'archipel de la dissidence. Plasticiens, dramaturges, musiciens, toute une "cité parallèle" s'organise dans l'underground tchèque, se jouant des persécutions du régime. Havel accumule une discographie de contrebande où le Rock tient le haut du pavé. 

Directement inspirés du Velvet,  les membres du groupe The Plastic People of the Universe, dont les paroles sont le fait d'un poète de renom, sont harcelés par les autorités, au point qu'en 1977, un meeting de soutien au groupe contribuera à la naissance de la Charte 77, le principal mouvement dissident en Tchécoslovaquie... Aux côtés de Reed, les Rollingstones et Frank Zappa deviennent la bande son d'une génération d'opposants.





Décembre 1989 : sorti de prison quelques mois plus tôt, Vaclav Havel, porte-parole de la Charte 77, est élu Président par une assemblée communiste désemparée. Dès 1990, Lou Reed reçoit une commande de Rollingstone Magazine : en tête de la liste des personnes auxquelles le très populaire leader de la Révolution de velours concéderait volontiers une interview, tous médias confondus, figure "Lou Reed, Chanteur. Nationalité : américaine"...

Affligés de la même timidité, les deux hommes se tournent autour un bon moment : Havel a honte de recevoir son idole dans ses habits de Président et dans un Château de Prague encore lesté de la pompe communiste. Reed se sent illégitime face à celui qu'il considère depuis plusieurs années comme un héros... puis la conversation se fait plus fluide lorsqu'ils abordent ensemble les thèmes de la poésie, des oeuvres de jeunesse et enfin, du Rock'n Roll. Après un silence, Havel sort cette phrase qui scellera leur amitié : "M. Reed, savez-vous au moins que c'est grâce à vous que je suis Président?"...




La même année, Reed, tout comme les Rollingstones et Frank Zappa, donnent des concerts à Prague, que tous retiennent parmi les moments phares de leurs carrières sur scène. Ils reviendront à plusieurs reprises (Reed notamment en 2005 et 2006, les Rollingstones pour un concert programmé lorsque Havel achève son dernier mandat de président, en 2003).


Entre temps, en 1998, Reed a fait une entorse majeure à son éthique de vieux routard du punk : à la demande de Havel, reçu à la Maison Blanche, il accepte de jouer devant les Clinton, Gore et autres Kissinger... et lorsqu'un journaliste outrecuidant lui fait remarquer, Lou Reed troque son ton acerbe pour un presque enfantin "pour lui, je jouerais sur la Lune".




En résidence artistique à Columbia dans les années 2000, Havel aura maintes fois l'occasion d'échanger avec Lou Reed et les deux hommes n'auront cessé de nourrir leur amitié jusqu'à la mort du premier.

S'il est admis d'ordinaire que la révolution de 1989 en Tchécoslovaquie fut baptisée "de velours" car elle ne fit pas verser de sang, Havel livra lui-même une autre explication dans un entretien avec Salman Rushdie, en 1999, dans lequel il souligne son admiration pour le Velvet Underground : "Why do you think we called it the Velvet Revolution?".


vendredi 18 octobre 2013

Bohemian Folk


En ce début d'automne, retrouvez sur Slavia Vintage quelques arrivages chinés dans les pas des Sioux et autres Apaches pour meubler vos maisons de tissus et chaises aux accents folk.

Dossiers à barreaux, tapis aux motifs ikat, tissus artisanaux aux couleurs de saison et aux noms évocateurs : tapis Yosemite, tissu Joan, lampe Winnetou, plaque Apache, chaise Quaker pour mélanger les influences. 

Un air de western...








Chaise enfant pivotante  SLAVIA VINTAGE






Chaise "Quaker"  SLAVIA VINTAGE















Si vous aimez Bohemian Folk, vous aimerez peut-être Rocking chairs au Tricafé

                                       
                                                                        Crédit photos // SLAVIA VINTAGE

mercredi 16 octobre 2013

Café Slavia - Praha : Bienvenue à Gattaca

Le meilleur moment pour découvrir le Café Slavia est très tôt le matin, lorsque les journaux du jour ont été à peine dépliés et que l'allée centrale est presque déserte. C'est là que les premiers RDV d'affaires côtoient l'oisiveté de quelques habitués. Le café est encore silencieux et face à l'alignement des chaises Thonet et des tables au bois sombre, l'ampleur du lieu se révèle.

C'est son allure Art Déco (datant de la 1ère République et largement revue au cours des années 90) aux accents futuristes qui le rend unique : la fusion d'un tableau de Tamara Lempicka et de l'univers esthétisant du film Gattaca : bar aux lignes épurées, éclairages indirects, suspensions et horloge aux lueurs vert absinthe... et comme dans un paquebot des années 30, d'impressionnants plafonniers en verre et bronze, combinés aux murs lumineux imaginés par le cabinet Jan Spacek lors de sa complète reconstruction, à la fin des années 1990.














Le temps d'un café, on pose bien sûr son regard sur les murs de marbre recouverts de visages en noir et blanc rappelant le rôle essentiel du café Slavia dans la vie culturelle et politique tchèque.

Depuis son ouverture en 1884, ce Café a accueilli le public et les artistes du Théâtre national situé de l'autre côté de la rue (dont le compositeur Bedrich Smetana). C'est ainsi que dés la fin du XIXème siècle, le Slavia est devenu un lieu d'expression de la culture et du sentiment national. Ce rôle politique, il le gardera même après la nationalisation et les interdits de la normalisation, restant un des lieux de rencontre des étudiants et de l'Intelligentsia dissidente tchécoslovaque, dont Vaclav Havel. 

Aujourd'hui, il reprend sa place les soirs de spectacle, dans l'attente de voir peut-être ressurgir des débats passionnés, en ce début du XXIème siècle...










Table en verre noir et bois  SLAVIA VINTAGE







Si vous aimez Café Slavia : bienvenue à Gattaca, vous aimerez peut-être 


Crédit photos // SLAVIA VINTAGE

jeudi 10 octobre 2013

Au coeur de la Cité Radieuse - Marseille


L'Unité d'habitation du Corbusier (édifiée entre 1947 et 1952) est un passage obligé si l'on vient découvrir Marseille 2013. 

Dans ses rues intérieures on peut  trouver une boulangerie, une librairie spécialisée, un hôtel et même un restaurant : 
une adresse gastronomique étonnante, Le Ventre de l'architecte !

Ce restaurant, hors du temps, rend à la fois hommage à le Corbusier et au film éponyme du réalisateur Peter Greenaway. Mais aucun risque, vu le calme du lieu et la finesse des plats de souffrir des mêmes maux que le personnage principal Stourley Kracklite! 










Dans ce cadre, on est surtout séduit par la sobriété de l'intérieur. L'atmosphère est intime et élégante, jouant avec les matières (marbre, bois, béton) et une gamme de couleurs marquée par le noir.

A la chaleur du bois, se rajoutent les éclairages indirects des lampes "Pipistrelle" et "Laroche" et les formes ondulées des chaises scandinaves.

Le plus étonnant, la sensation d'espace dûe à sa configuration en double hauteur et à la vue  illimitée de sa terrasse sur les îles du Frioul. 

Mais le plus inoubliable est sans doute de découvrir dans cette atmosphère intemporelle, la carte créative de Jérome Caprin! 








Crédit photos // SLAVIA VINTAGE

lundi 30 septembre 2013

Rocking chairs et vélos déco au Tricafé

A l'Hôtel Daniel et au café Radlager - Vienne, au Fat Penguin - Melbourne, au Café Modern - Amsterdam, à Farina - Vancouver, les vélos intégrés à la déco, posés nonchalamment au pied d'un comptoir ou suspendus aux murs, sont partout. 

Ce bel objet évoque les pays nordiques, l'évasion, la simplicité... On le retrouve aussi au nouveau Tricafé, au coeur de Prague. Mais ici, il n'est pas simplement détourné pour personnaliser le lieu. Il est au coeur du projet. Au Tricafé on allie le goût pour le petit noir,  la passion pour la photo et les promenades en vélo.

Dans ce bel et grand espace lumineux, meublé avec du vintage dépareillé, le rocking chair rouge vif de l'entrée et les fauteuils à barreaux créent une atmosphère douce rappelant les intérieurs hollandais, avec l'amour du vélo en commun.  Même mélange de styles mixant folklore, tissus colorés et graphisme. Et des murs clairs, des fenêtres grandes ouvertes... On s' y sent bien et préservé du tourisme massif qui afflue à quelques mètres de là, sur le Pont Charles.











Chaise à barreaux Baumann "Tacoma"  SLAVIA VINTAGE










Crédit photos // SLAVIA VINTAGE