dimanche 16 décembre 2012

Anvers : mon guide vintage

Antwerpen. Avant même de connaître cette ville, j'aimais d'office la sonorité de son nom, le fait qu'elle soit un port et le berceau de Dries Van Noten, l'un de mes stylistes préférés. Je me prenais d'ailleurs à imaginer l'essence même d'Anvers au prisme de ses créations: à la fois bourgeoise (à travers ses belles étoffes et ses inspirations du passé), ouverte au monde (avec tous ses imprimés venus d'ailleurs, reflet d'une histoire commerciale faite d'échanges) et résolument moderne.

Et puis il y avait aussi dans ma tête, les images cinématographiques fugaces du quartier des diamantaires...










La découverte d'Anvers il y a quelques années, fut à la hauteur de mon imaginaire. Et ce, dés mon premier pas en ville : en débarquant du train dans la Gare Centrale, sous son dôme somptueux! Une gare imposante à l'allure orientale entourée d' ailleurs d'animaux exotiques avec à ses côtés le Zoo d'Anvers, le plus ancien du pays.

De l'autre côté de la Gare, le long sillon des voies ferrées aériennes coupe en deux le quartier juif orthodoxe, qui est aussi celui des diamantaires. Ce quartier, je l'ai souvent arpenté, sous la fine neige de décembre, lorsque sur le blanc se détachent les silhouettes noires des Hassidims, poussant silencieusement leurs enfants juchés sur des vélos. 

De nuit, à bord du taxi d' un chauffeur ukrainien tout droit sorti de "Little Odessa", le quartier prend des airs de Brooklyn du Nord et glisse comme le décor d'un film de James Gray. Un côté new-yorkais, qui surgit, de temps en temps, dans cette ville multi-culturelle recensant le plus grand nombre de nationalités au monde: pas loin de 200!










Une ambiance à l'opposé de celle du Meir, large avenue commerciale qui égrène une rare densité de flagships, certaines pas assez habituelles sous nos latitudes comme Urban Outfitters! 
Et à l'extrémité de l'avenue, se dresse la banque KBC qui domine la ville... le plus haut gratte-ciel d'Europe dans les années 1930 (juste devant le siège Bata: voir post antérieur: Bataworld 1er octobre 2012).








Changement d'ambiance encore dans les venelles bordées "d'architecture italo-espagnole", qui mènent directement vers le quartier des créateurs et Kloosterstraat, la rue des antiquaires. L'immobilier étant encore bon marché dans la capitale flamande, les galeries y rivalisent d'espace, mettant en valeur, comme rarement! les objets et le mobilier vintage comme chez Viar (65 Kloosterstraat), Full effect http://www.fulleffect.be, Loft styles http://www.loftstyles.eu ou Cult (24 Kloosterstraat). Toujours inspirant.











J'aime Anvers pour tous ses contrastes, sa douceur de vivre "provinciale" et sa créativité de ville cosmopolite. Elle me touche aussi par l'abondance exceptionnelle de bâtiments  de style fonctionnaliste, dotés de grandes baies vitrées pour capter la rare lumière du Nord.  Durement frappée par les deux guerres, Anvers a toujours se relever "avec style"!

Il faut donc y prendre le temps de se perdre, de marcher le long des quais, de traverser des quartiers, car le défilement des façades est un spectacle à lui tout seul. C'est comme ça qu'un soir, près d'un nœud de circulation anodin, je fus interpellée par une villa blanche des années trente: une sorte d'atelier cubique avec une grande verrière. En m'approchant je compris que c'était le lieu de création d'Ann Demeulemeester!!! j'étais en somme, devant la seule villa belge conçue par Le Corbusier (en 1926),
la Maison Guiette.  C'est ça Anvers, tout simplement...

Quelques ADRESSES en + 

Concept store: Your
Café JamWolstraat 47  2000 Antwerpen, Belgique
Restaurant Zuiderterrass 









Crédit photos // SLAVIA VINTAGE

mardi 11 décembre 2012

Back in the USSR


CE CONTENU EST DESORMAIS RÉSERVÉ POUR UNE PROCHAINE PUBLICATION

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lundi 10 décembre 2012

Marseille Mid-century


Dés que j'ai l'occasion de passer par le Vieux Port, je fais un détour pour admirer (et y déjeuner accessoirement!) le restaurant Relais 50 : des couleurs primaires (d'autant plus éclatantes sous la lumière de Marseille) des luminaires et des fauteuils d'esprit 50's, un beau comptoir et du carrelage à damier... Le Relais 50 porte bien son nom mais il est loin d'être un pur phénomène de mode surfant sur la vague «Mad men» (que j'adore par ailleurs). 

L'histoire de l'Hôtel « La Résidence », auquel appartient ce restaurant est résolument marquée par les années 50. C'est en 1954 que l'architecte André-Jacques Dunoyer construit sur le Vieux Port cet Hôtel de style purement moderniste, fréquenté par Aragon, Montand, Ferré... Et c'est donc, tout naturellement, dans les codes "fifties" qu' a puisé le décorateur et architecte Franz Potisek, lors de la rénovation de l'Hôtel entre 2009 et 2010. 


La valeur ajoutée de son travail,  celle d'avoir pris parti en exprimant SA vision  des années 50 qu'il a voulu ULTRA COLORÉE, fantaisiste et bourgeoise. Pour cela il a conçu tous les meubles, tissus et motifs de l'Hôtel (moquettes, rideaux, fauteuils mixés ici et là avec des meubles d'époque comme la tâpisserie "Le Grand Arbre"  de Jean Lurçat située dans le hall) en mettant en avant une valeur 50's pour lui essentielle, celle du « confort moderne ». Le résultat est un décor absolument personnel et cosy. Un passage obligé si vous venez découvrir Marseille 2013!










Crédit photos // SLAVIA VINTAGE

mercredi 5 décembre 2012

James gray: Twenties


Les années 20, New York, James Gray, Joaquin Phoenix et Marion cotillard dans le rôle d'Ewa Cybulski, une immigrée polonaise à la recherche de la terre promise... Je suis impatiente de découvrir le film "The Immigrant".




                            Illustration de Rolf Amstrong
                              Valentino vamp 





Illustration de Nell Brinkley


jeudi 29 novembre 2012

Le Boxeur polonais


Lorsque chez un bouquiniste d'Aix, j'ai attrapé au hasard le volume " El boxeador polaco", j'ai eu un sentiment familier : ce boxeur me rappelait celui d'un collage que j'avais trouvé il y a quelque temps, à Barcelone.

Il existe entre mon pays, l'Espagne, et deux de mes régions d'élection, l'Europe centrale et l'Amérique du Sud, des liens troublants... Gabriel Garcia Marquez a souvent parlé de ponts spirituels reliant la Mittel Europa et son propre continent. El Boxeador Polaco n'en est qu'une énième illustration. 


Ce recueil de longues nouvelles, né de la plume d'un écrivain guatémaltèque d'origine judéo-polonaise, Hector Halfon, conte notamment les aventures centre-américaines d'un pianiste Serbe, et évoque le mystérieux "boxeur polonais" auquel le grand-père du narrateur aurait dû la vie sauve à Auschwitz. 


L'existence de tels boxeurs, ayant joué leur survie à coups de poings, a inspiré plusieurs oeuvres. Tadeusz Pietrzykowski est à l'origine cette année, d'un ouvrage polonais :Le Boxeur d'Auschwitz, de Maria Bogacka. Mais c'est
Hertzko Haft qui figure sur la couverture d'El Boxeador Polaco, sur mon collage et dans une BD Le boxeur publiée récemment en français, début 2013, de Reinhard Kleist. Hertzko Haft survécut (longtemps) à la guerre et fit une carrière de professionnel aux Etats Unis. Voici quelques images pour l'évoquer...














Crédit photos // SLAVIA VINTAGE

samedi 24 novembre 2012

Bunker Palace Hotel

Hotel Praha. Sa silhouette épouse la crête d'une colline, au-dessus de la ville. Il se dit que pas un habitant sur dix ne sait comment y accéder. Je me suis perdue cent fois avant d'en trouver l'entrée... 

Il faut dire que lorsqu'il a été édifié en 1981, pour les apparatchiks du parti, il était interdit d'accès au citoyen lambda. Ce passé et son allure de bunker, m'ont fait d'ailleurs demander à un policier, si en dépit de la présence (manifeste) d'une conférence internationale, l'hôtel était bien ouvert au public? « Evidemment », me répond celui-ci. Les temps changent.

En pénétrant dans ses salons d’apparat, flanqués pour l'occasion de drapeaux de pays pas vraiment connus pour leurs vertus démocratiques, j'ai pourtant l''impression de descendre les marches du « Bunker Palace Hotel » d'Enki Bilal (sorti en 1989). Ce refuge pour une caste politique aux abois, qui perçoit ça et là les signes avant-coureurs de sa perte... 

Mais ici, entre les doubles cloisons de bois, les lustres de verre kitschissimes, les volées de marches de marbre et les longs couloirs de moquette verte, rien, absolument rien, ne semble avoir bougé. Surtout pas le visage impavide du serveur, clone certifié du policier méticuleux de « La Vie des Autres ». 

La faute sans doute à cette faune un rien inquiétante qui se presse autour des lourds canapés de cuir en d'impénétrables conciliabules... La faute peut-être aussi à l'intemporalité des courbes de cet édifice, égrénant 300 chambres et autant de terrasses (en trois strates ondulantes de béton) décor solennel de conférences, lieu de réception pour les délégations, si officiel et si authentiquement vintage.










Lampe Spoutnik Slavia Vintage








Crédit photos // SLAVIA VINTAGE


mardi 20 novembre 2012

Un air de famille: Mildred Pierce vs. Edward Hopper


Les années 30, Glendale, banlieue de Los Angeles : la Grande Dépression frappe les Etats Unis. C'est dans ce contexte historique que se déroule Mildred Pierce, le roman de James M. Cain. Ce best seller américain écrit à la fin des années 30, relate le parcours d'une mère au foyer et épouse trompée, qui à force de travail et d'obstination, fait face aux obstacles et à l'adversité pour assumer seule la charge de ses filles et se bâtir une nouvelle vie de femme moderne et autonome vis à vis des hommes.

C'est le récit de cette «self made woman» (de son combat pour s'affranchir de ses propres préjugés de classe) mais aussi et surtout, la relation d'amour toxique qu'elle entretient avec sa fille, la vénéneuse Veda, qui m'ont intéressée dans la série éponyme. Kate Winslet, toujours aussi juste, et Evan Rachel Wood (parfaite dans son rôle de jeune femme arrogante et capricieuse aux faux-airs de Vivien Leigh) y tiennent les rôles titres de Mildred et Veda.




Le long de 5 épisodes, le réalisateur Todd Haynes déploie avec émotion son récit et décortique les tensions et enjeux de cette ascension sociale aux accents de tragédie grecque. Le tout dans une mise en scène soignée qui est bien plus qu'une reconstitution minutieuse du Los Angeles des années 30. La version de Todd Haynes se veut intime, quasi psychanalytique : les décors (villas middle class, cafés Hollywoodiens, mansions de « style Tudor néo-provençal » pour paraphraser Ellroy) doivent servir à l'histoire et traduire les états d'âme de Mildred: son abattement, lorsqu'à la recherche d'un emploi, elle se réfugie esseulée dans un café, son isolement dans sa vie de banlieue et dans son propre mariage...

Si tout au long de la série, on a le sentiment de reconnaître des lieux et des ambiances, c'est que l'univers d'Edward Hopper s'y déploie, presque à chaque plan. Pourtant, le peintre fut inspiré principalement par les paysages urbains de la côte Est – la Pennsylvanie, notamment. Mais quoi de plus naturel que de faire appel à ce peintre de la vie quotidienne (stations service, enseignes publicitaires, bureaux...) et des mutations de la classe moyenne américaine des années 30, pour refléter à travers la succession de fortunes et d'infortunes de Mildred Pierce, le désarroi social et moral de toute une nation à l'arrivée de la Grande Dépression.

Voici quelques images de l'hommage de Todd Haynes à Edward Hopper, à sa peinture du silence, reflet de tensions et solitudes...



"Room in New York"
Edward Hopper




"Hotel room"
Edward Hopper




"Automat"
Edward Hopper




"Chop Suey" 
Edward Hopper




"Gas"
Edward Hopper




"First row orchestra"
Edward  Hopper


"

"Girlie Show"
Edward Hopper




"Office at night"
Edward Hopper



Compositions // SLAVIA VINTAGE